• Accueil
  • Contact
  • Plan du site
  • Ajouter aux favoris
  • Imprimer
  • Diminuer la taille de police
  • Taille de police d'origine
  • Augmenter la taille de police
SIAUGUES STE MARIE
Bandeau inférieur

Sports/Culture/Loisirs/Culture/Médiathèque/Poètes

Poètes

Maurice FOMBEURE


Maurice FombeureMaurice Fombeure est né le 23 septembre 1906, à Jardres dans la Vienne. Il a fait ses études au collège de Châtellerault, à l’École Normale et à la Faculté de Lettres de Poitiers , et à l 'École Normale de Saint Cloud. En 1937, il s’installe à Paris et devient enseignant .
Ce fût un grand poète à qui on décerna le grand prix de poésie de l’Académie Française en 1980. Ses premiers poèmes paraissent dans la revue "ligne de coeur" de Julien Lanoe en 1925, puis dans la Nouvelle Revue Française, le Mercure de France, la Revue des Deux Mondes. La plus grande partie de ses oeuvres a été publiée aux Editions Gallimard. De nombreux poèmes de lui ont été mis en musique par Poulenc, Florent Schmitt, Claude Arrieu.

C'est en 1927, à l'hôtel- Fumé (Faculté des Lettres de Poitiers) qu'il fait la connaissance de l'étudiante ès-lettres Carmen Javaugues, qui deviendra sa femme le 6 Août 1930 et se fera connaître sous le nom de Carmen Oriol.
A partir de 1968, les époux séjournent , en été, tantôt à Siaugues St-Romain dans la maison familiale de Carmen, tantôt à Ogeron, domaine des grands-parents maternels de Maurice.

Il décède le 1 janvier 1981. Il repose au cimetière de Bonneuil Matours (Vienne) comme il en avait fait le voeu dans une lettre de 1926 adressée à sa future belle-soeur, Hélène Javaugues, où il rédigeait son épitaphe:

"il portait sur sa lourde épaule
sa destinée comme un oiseau.
Maintenant il dort sous les saules
en écoutant le bruit des eaux."



Parmi les oeuvres de Fombeure , on peut citer : - Silence sur le toit (1930) - A pas de souris (1937) - Poussière de silence (1950) .


Une rue de Siaugues porte le nom de Carmen et Maurice Fombeure.
Nos édiles ont judicieusement voulu, par ce choix, rappeler le souvenir de deux siauguains renommés.
Promenons nous un moment dans l'oeuvre si variée, musicale, et poétique de notre ami Maurice.
On ne lit pas Maurice Fombeure, on le savoure, on le boit avec une surprise à chaque goulée, on se promène avec lui , dans une nature fleurie et joyeuse, on rit, on pleure, on aime avec lui.

Ecoutez le évoquer son village:

"ah! qu'il fait bon dans son village
dormir; le nez au raz des blés
en remontant sa montre à clé,
montre venue du fond des âges.
Ah!qu'il fait bon dans son terroir
caresser les filles farouches
qui ne s'ouvrent que dans le noir
dans l'ombre épaisse de leur bouche!"

Lisez maintenant le poème mélancolique du vieux paysan:

"Celui qui sait qu'il va mourir
soudain se sent le coeur en peine.
Il voudrait embrasser la plaine
Sur laquelle il a tant trimé.
C'est pour la terre qu'il est né,
Sous le chaume, à la mode ancienne,
Que près d'un siècle il a peiné.
Mais les blés houlent sous le vent,
Ce sont les plus hauts de la plaine,
Ils frissonnent à perdre haleine
Luisent, chuintent, chantent au vent;
Alors il sent mourir sa peine.
Bah! que la terre le reprenne
Puisque ses blés sont bien mouvants!
Qu'importe que la mort vienne
Dans son lit à la mode ancienne
Puisque ses blés sont bien vivants."

Et enfin cet émouvant chant d'amour à Carmen sa femme, la siauguaine, qui a enraciné le chêne poitevin dans le fertile " chausse"(appellation locale désignant une terre volcanique fertile et ardente) auvergnat:

"Celle que j'aime est un ruisseau
Qui me caresse de sa course
Celle que j'aime est un berceau
où je m'endors au bruit des sources.
Celle que j'aime est un rosier
Dont je voudrais cueillir la rose
Celle que j'aime est un brasier
qui me purifie de toute chose.
Celle que j'aime est un roseau
qui me courbe sous ses bras frêles,
Celle que j'aime est un oiseau
Sa voix c'est du soleil qui grêle
Celle que j'aime est une aurore
qui me sépare de la mort."


Alors, Ami lointain, si vous venez un jour à Siaugues, n'oubliez pas de prendre sous le bras un livre de Maurice Fombeure, prenez le chemin du château de St-Romain , asseyez vous dans l'herbe, regardez l'Auvergne à vos piedset à perte de vue, lisez le premier poème de Maurice qui tombera sous vos yeux et votre voyage en Poésie commencera , dont vous reviendrez abasourdi mais heureux..."le coeur tout tremblant d'Isles"


Carmen Oriol ( épouse de Maurice Fombeure et soeur de Hélène Pauleau )

Elle publiait ses poèmes sous le nom Oriol , nom de sa grand -mère maternelle)
Dans les Feuillets de l'ilot, de 1942, nous retrouvons un recueil "Printemps de la Nuit" avec une présentation de son époux Maurice Fombeure en préface.

extrait de la préface de Maurice Fombeure parlant de Carmen Oriol
(...)" ce que j'écoute avant tout dans "Printemps de la Nuit", c'est une émouvante pureté et une soumission absolue à son expression, qui prend naturellemnt le ton de l' invocation ou de la prière. C'est une sorte d'ébahissement et d'éblouissement devant la richesse intérieure. Une harmonieuse plénitude de l'âme. Et enfin, un oubli de soi total, comme dans le sacerdose. Le poète s'efface devant son objet: le monde vient résonner en lui, sans autre tansposition que celle imposée par le langage. On peut remarquer, en effet, que Carmen Oriol ne dit pesque jamais "je". Ou si peu.  Cette pudeur - de la part d'une femme - me semble très significative. Elle rappelle la retenue des poètes du 17ème Siècle français, qui suggèrent plutôt que d'expliquer ou de peindre. Elle est la marque du poète véritable dont le message porte d'autant plus loin qu'il est moins déclamatoire. C'est pourquoi me plaisnt ces vers qui s'ouvrent en silence, s'étendent en larges vagues lisses. Mais sous leur calme apparent on sent un coeur brûlé de secrètes ferveurs, une âme émue aux apparences du monde ou défaillant sous sa beauté."


Printemps de la nuit

En cette nuit d'Avril où j'attends le sommeil,
Je vois, comme s'il me fallait mourir,
une campagne sous la lune.
L'odeur des tilleuls est celle du premier amour,
et leur dôme ressemble à celui des montagnes.
Cette route est la plus ancienne;
la route de nos premiers pas.
C'est la plus lisse, la plus bleue.
Celle des promenades après le mois de Marie,
- le premier bouton de rose sur un corsage plat de fillette,
celle où les près ont tant de narcisses
que leur parfum semble l'odeur même des étoiles.
Si lon clot les paupières, on entend respirer les herbes,
et l'on sent - tant la nuit est douce-
des présences, comme une évidence.
Nous portons nos amours comme une femme enceinte
qui referme ses mains sur le coeur d'un enfant.
Pourquoi être surpris devant ces paysages
qui nous troublent parfois comme de chers visages
que nous reconnaissons sans les avoir connus...
Ceux qui nous aimaient nous ont portés sans doute toute une nuit d'été,
dans un pays où seule la campagne était endormie.

Hélène Javaugues épouse Pauleau ( soeur de Carmen Fombeure)

Hélène PAULEAU ( née JAVAUGUES)  née à Siaugues ST-Romain en 1901, a mené en parallèle une carrière d'enseignante , des recherches en histoire locale, des observations géologiques, l'écriture de nouvelles et de poèmes.

"POUR MON MARI "

ce poème mêle évocation d'un amour passionné à son mari et éruption d'un sommet aujourd'hui endormi, le Mont Durande

Dressé comme deux mains jointes
Jailli comme une imploration
Porté par l'ascension des brûlantes marées
Sur le socle où milans et bises se poursuivent
Où sont les nuits parées de tes nuées ardentes,
Les tourbillons de tes fleuves de feu,
Les grottes d'or de lave incandescente
Et les crépitements
Du langage des dieux
Sur les claviers de tes orgues géantes?

Fleuves du temps, vent de la peine,
Vous vous jouez des diamants et des quartz,
Aux océans, vous charriez vos sables.
Ô mon amour moins réel qu'une fable,
Ô ma beauté, aile de papillon,
Mon savoir, ma douleur, néant, dérision,
Dans l'amoncellement des forêts dévastées
Qu'as-tu fais de la grâce et du chant des oiseaux,
Et pourquoi cette gerbe au plus profond des eaux?

Fontaine de minuit, fontaine dee comètes,
Ballet d'aigrettes dansant au poul de la planète,
Failles craquant, bombes tonnant,
Apothéose engloutie sous les neiges,
Viens t'en rêver sur les rives de Desges,
Coeur de mon coeur silencieux et pacifié.